30 contradictions dans le récit de la Passion !

Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux

« …Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin ! »

Saint-Coran, Sourate 20 Verset 47

Avant de commencer je prononcerai l’invocation de Moise (que la paix de Dieu soit sur lui) :

« Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu'ils comprennent mes paroles »

Saint-Coran, Sourate 20 Versets 25 à 28

Pas moins d’une trentaine de contradiction dans le récit de la Passion !

(Et encore on a été gentils on n’a pas parlé des différences textuelles)

1.Préambule

La première chose qui marque l’esprit quand on lit le récit de la crucifixion du Christ (‘aleyhi Salam) est le nombre de divergences étonnant entre les évangélistes. Pour valider un événement historique, ne vaudrait-il pas mieux que les témoignages concordent ? Or que pouvons-nous dire du récit de la crucifixion ? Il n’y a pas deux rapports identiques. On peut certainement pardonner à l’historien ces manquements sur certains détails de l’Histoire, mais peut-on sincèrement pardonner à des personnes sous l’influence du Saint-Esprit d’écrire des choses aussi contradictoires ? Si Saint-Esprit il y a eu, pourquoi inspire-t-il une chose à un évangéliste et une autre à un autre ? Les divergences entre les rapports ne prouvent-elles pas plutôt qu’il n’y a eu aucun Saint-Esprit derrière ces rédactions mais simplement des témoignages collectés un peu n’importe comment ? Luc reconnaît avoir entreprit son évangile (Luc 1,1-4) parce que, comme il le dira lui-même : « Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus. »

Ce commentaire de Luc dans son propre évangile ne semble pas plaider en faveur de l’intervention du Saint-Esprit dans la rédaction des Evangiles. Le Coran nous renseigne sur une des conditions pour qu’un livre soit considéré comme divin ou non, si cette condition n’est pas remplie, le livre ne peut provenir de Dieu. En appliquant ce principe, nous pourrions nous dire que si les Evangiles provenaient d’un autre que Dieu, « ils y trouveraient certes maintes contradictions ! » (Coran 4,82), ce que nous allons démontrer ici. Nous tenterons donc de dresser une liste de ces divergences concernant simplement la crucifixion du Christ (‘aleyhi Salam).

2.Un Miracle sera-t-il donné à cette génération ?

OUI

« Il leur répondit: Une génération méchante et adultère demande un miracle; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. » (Matthieu 12,39-40)

NON

« Les pharisiens survinrent, se mirent à discuter avec Jésus, et, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant profondément en son esprit, dit: Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. » (Marc 8,11-12)

Qui croire encore une fois ? Matthieu nous dit qu’un miracle sera donné et Marc nie complètement cet épisode. Ces pseudo témoins de la vie de Jésus(as) ne savent même pas ce qui s’est passé !

3.Comment s’est effectuée l’arrestation du Christ ?

Judas montre-t-il Jésus(as) en le baisant ? 

« Comme il parlait encore, voici, Judas, l’un des douze, arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d’épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe: Celui que je baiserai, c’est lui; saisissez-le. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il dit: Salut, Rabbi! Et il le baisa. Jésus lui dit: Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le. Alors ces gens s’avancèrent, mirent la main sur Jésus, et le saisirent. » (Matthieu 26,47-50)

« Et aussitôt, comme il parlait encore, arriva Judas l’un des douze, et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les principaux sacrificateurs, par les scribes et par les anciens. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe: Celui que je baiserai, c’est lui; saisissez-le, et emmenez-le sûrement. Dès qu’il fut arrivé, il s’approcha de Jésus, disant: Rabbi! Et il le baisa. Alors ces gens mirent la main sur Jésus, et le saisirent. » (Marc 14 :43-46)

« Comme il parlait encore, voici, une foule arriva; et celui qui s’appelait Judas, l’un des douze, marchait devant elle. Il s’approcha de Jésus, pour le baiser. Et Jésus lui dit: Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme! Ceux qui étaient avec Jésus, voyant ce qui allait arriver, dirent: Seigneur, frapperons-nous de l’épée? Et l’un d’eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille droite. Mais Jésus, prenant la parole, dit: Laissez, arrêtez! Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il le guérit. Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons. J’étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n’avez pas mis la main sur moi. Mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. Après avoir saisi Jésus, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. » (Luc 22 :47-54)

Ou plutôt comme l’affirme Jean, c’est Jésus(as) qui se livre tout seul ? 

« Lorsqu’il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l’autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas donc, ayant pris la cohorte, et des huissiers qu’envoyèrent les principaux sacrificateurs et les pharisiens, vint là avec des lanternes, des flambeaux et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança, et leur dit: Qui cherchez-vous? Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth. Jésus leur dit: C’est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit: C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau: Qui cherchez-vous? Et ils dirent: Jésus de Nazareth. Jésus répondit: Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. Il dit cela, afin que s’accomplît la parole qu’il avait dite: Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire? La cohorte, le tribun, et les huissiers des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent. » (Jean 18 :1-12)

En qui il faut croire, Matthieu, Marc et Luc ou plutôt Jean ?

4.Que dit Jésus(as) lors de son arrestation ?

« Laissez, arrêtez » ?

« Mais Jésus, prenant la parole, dit: Laissez, arrêtez! Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il le guérit. » (Luc 22,51)

« Car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » ? « Alors Jésus lui dit: Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. » (Matthieu 26,52)

« Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire » ?

« Jésus dit à Pierre: Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire? » (Jean 18,11)

5.A qui dit-il « vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons » ?

A ceux qui l’ont attrapé ? 

  « Alors ces gens mirent la main sur Jésus, et le saisirent. Un de ceux qui étaient là, tirant l’épée, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. Jésus, prenant la parole, leur dit: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais c’est afin que les Ecritures soient accomplies. » (Marc 14,46-49)

A la foule un peu plus loin ?

« En ce moment, Jésus dit à la foule: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. » (Matthieu 26,55)

6.Où l’emmène-t-on d’abord ?

Chez Anne d’abord ?   

« Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là. » (Jean 18,13)

Où directement chez Caïphe le souverain sacrificateur ?

« Après avoir saisi Jésus, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. » (Luc 22,54)

« Ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. » (Matthieu 26,57)

« Ils emmenèrent Jésus chez le souverain sacrificateur, où s’assemblèrent tous les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes. » (Marc 14,53)

7.Le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu

« Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l’interrogeaEs-tu le Christ, le Fils du Dieu béni? Jésus répondit: Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (Marc 14,61-62)

« Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (Matthieu 26,63-64)

« Quand le jour fut venu, le collège des anciens du peuple, les principaux sacrificateurs et les scribes, s’assemblèrent, et firent amener Jésus dans leur sanhédrin. (22-67) Ils dirent: Si tu es le Christ, dis-le nous. Jésus leur répondit: Si je vous le dis, vous ne le croirez pas; et, si je vous interroge, vous ne répondrez pas. Désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. Tous dirent: Tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis. Alors ils dirent: Qu’avons-nous encore besoin de témoignage? Nous l’avons entendu nous-mêmes de sa bouche. » (Luc 22,66-69)

Ces passages sont contradictoires en plusieurs endroits, tout d’abord remarquons qu’il n’y a qu’un seul souverain sacrificateur qui interroge Jésus(as) dans Marc et Matthieu alors que dans Luc, ils sont plusieurs à lui poser la question. Ensuite la question comporte des différences textuelles importantes entre les trois, dans Marc on voit l’emploi de l’expression « le Fils du Dieu béni », dans Matthieu on voit l’emploi de l’expression « le Christ, Fils de Dieu », tandis que dans Luc, il y a simplement la mention du « Christ ». La réponse de Jésus(as) est aussi contradictoires dans les 3 textes, dans Marc il répond « je le suis », dans Matthieu « tu l’as dit » tandis que dans Luc il tergiverse à répondre « si je vous le dis, vous ne le croirez pas, et si je vous interroge vous ne répondrez pas » pour finalement dire « je le suis ». Une autre contradiction apparait, il s’agit du « et venant sur les nuées du ciel » qui se retrouve chez Marc et Matthieu mais pas chez Luc où cette citation est absente. Avec de telles différences, en quelle version faut-il croire ? Qu’est-ce que le Christ a réellement dit ?

8.Qu’avons-nous encore besoin de témoins ?

Qui prononce cette phrase, le souverain sacrificateur seul ?

« Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, et dit: Qu’avons-nous encore besoin de témoins? » (Marc 14,63)

« Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu’avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d’entendre son blasphème. » (Matthieu 26,65)

Ou Tous ?

« Tous dirent: Tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis. Alors ils dirent: Qu’avons-nous encore besoin de témoignage? Nous l’avons entendu nous-mêmes de sa bouche. » (Luc 22,71)

9.Qui parle à Pierre lors du second reniement ?

Une autre servante ?

« Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. » (Matthieu 26,71-72)

La même servante ?

« La servante, l’ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents: Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. » (Marc 14,69)

Un homme ?

« Peu après, un autre, l’ayant vu, dit: Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit: Homme, je n’en suis pas. » (Luc 22,58)

‘On’ ne sait pas !

« Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n’es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n’en suis point. » (Jean 18,25)

Ce passage est reprit différemment selon les évangélistes, selon Matthieu il s’agit d’une autre servante que lors du premier reniement, selon Marc il s’agit de la même, selon Luc ce serait un homme et selon Jean on ne sait même pas ! Même les questions/réponses diffèrent selon le rapport. Où est la Parole de Dieu dans tous ces faits rapportés ?

10.Le troisième reniement de Pierre

Qui parla à Pierre ? Ceux qui étaient présents ?

« Peu après, ceux qui étaient là, s’étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. » (Matthieu 26,73-74)

« (14-69) Et il le nia de nouveau. (14-70) Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre: Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. » (Marc 14,70-71)

Un autre ? (donc une seule personne)

« Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant: Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit: Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. » (Luc 22,59-60)

Le parent à celui dont Pierre avait coupé l’oreille ?

« Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, dit: Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin? Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta. » (Jean 18,26-27)

Remarquons, plusieurs choses, selon Matthieu et Marc ils sont nombreux à lui demander s’il ne faisait pas parti des gens qui accompagnaient Jésus(as). Remarquons aussi que les termes utilisés par Pierre ne sont pas identiques, même si le sens est le même. Cependant dans Luc et Jean, il ne s’agirait que d’une seule personne (et non plusieurs) qui lui pose la question. Nous pouvons bien entendu admettre que l’expression « un autre » n’entre pas en contradiction avec un « parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille » car l’un pouvant être l’autre, cependant ces deux passages contredisent ceux de Matthieu et de Marc.

11.Combien de fois devait chanter le coq avant que Pierre ne renie Jésus(as) trois fois ?

Une fois ?

« Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite: Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. » (Luc 22,61)

« Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. » (Matthieu 26,75)

Deux fois ?

« Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait. » (Marc 14,72)

12. Les disciples étaient-il là quand Jésus (as) dit à Pierre qu'il le reniera ?

Selon Matthieu et Marc, Jésus(as) et les disciples étaient déjà à la montagne des oliviers, lorsque Jésus(as) dit à Pierre qu'il va le renier.

« Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers. Alors Jésus leur dit: Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. Pierre, prenant la parole, lui dit: Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui répondit: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose. Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané, et il dit aux disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je m'éloignerai pour prier.» (Matthieu 26,30-36) 

«Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers. Jésus leur dit: Vous serez tous scandalisés; car il est écrit: Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre lui dit: Quand tous seraient scandalisés, je ne serai pas scandalisé. Et Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Mais Pierre reprit plus fortement: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous dirent la même chose. Ils allèrent ensuite dans un lieu appelé Gethsémané, et Jésus dit à ses disciples: Asseyez-vous ici, pendant que je prierai. (Marc 14,26-32) 

Selon Luc, Jésus(as) dit à Pierre qu'il va le renier avant d'être à la montagne des oliviers.

«Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. Et Jésus dit: Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies nié trois fois de me connaître. Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien. Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qi a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée. Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi: Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d'arriver. Ils dirent: Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit: Cela suffit. Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit: Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.» (Luc 22,31-40) 

La Bible Annotée a elle aussi remarquer que les paroles de Jésus(as) n'ont pas été rapportées d'une façon rigoureusement exacte selon les Évangélistes : 

«Quel contraste entre ces paroles et celles qui précèdent Satan veut vous perdre, mais moi qui le sais, qui veille sur vous, qui suis plus puissant que lui, j'ai prié pour toi! Quand? Si l'on admet, avec Matthieu et Marc, que cet entretien eut lieu sur le chemin de Gethsémané, on peut penser que Jésus fait allusion à la prière sacerdotale; {#Jn 17:9 et suiv.} si, comme le rapportent Luc et Jean, ces paroles ont été prononcées encore dans la salle du souper, Jésus indique une prière spéciale qui s'est élevée de son coeur à Dieu pour la délivrance de son disciple.» 

(Bible Annotée sur Luc 22.32.) 

Cette contradiction ne nous permet pas de savoir quand Jésus(as) s'est rendu à la montagne des oliviers. Si les Évangélistes, inspirés par le Saint-Esprit, n'arrivent pas à se mettre d'accord sur un simple fait comme celui-ci, comment pouvons-nous leur accorder une quelconque crédibilité quant à leurs témoignages de la crucifixion de Jésus(as)? 

13.Problème dans la chronologie du reniement de Pierre

Comme nous l’avons vu dans Matthieu, Marc, Pierre renie trois fois Jésus(as) après que les sacrificateurs lui demandent s’il est bien le Fils de Dieu (cf. Mt 26,57-75 ; Mc 14,53-72).Tandis que dans Luc, Pierre renie trois fois Jésus(as) bien avant que les sacrificateurs lui demandent s’il est bien le Fils de Dieu (cf. Lc 22,54-71). Il y a une contradiction chronologique manifeste entre Matthieu et Marc d’un côté et Luc de l’autre.

Premièrement 

Selon Matthieu et Marc, Jésus(as) reçoit des coups d’abord, puis Pierre le renie ensuite :

«Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort. Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé.Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui, et dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là, s'étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.» (Matthieu 26,63-75)

«Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l'interrogea de nouveau, et lui dit: Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni? Jésus répondit: Je le suis. Et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, et dit: Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble? Tous le condamnèrent comme méritant la mort. Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant: Devine! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets. Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur. Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. Il le nia, disant: Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents: Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre: Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait.» (Marc 14,61-72)

Selon Luc, Pierre renie d’abord Jésus(as), puis seulement ensuite Jésus(as) reçoit des coups :

«Et l'un d'eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l'oreille droite. Mais Jésus, prenant la parole, dit: Laissez, arrêtez! Et, ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit. Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui: Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons. J'étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n'avez pas mis la main sur moi. Mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. Après avoir saisi Jésus, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s'assirent. Pierre s'assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit: Cet homme était aussi avec lui. Mais il le nia disant: Femme, je ne le connais pas. Peu après, un autre, l'ayant vu, dit: Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit: Homme, je n'en suis pas. Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant: Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit: Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite: Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui, et le frappaient. ls lui voilèrent le visage, et ils l'interrogeaient, en disant: Devine qui t'a frappé. Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures.» (Luc 22,50-65)

Comment faire pour savoir si Matthieu et Marc disent vrais, ou bien si c'est Luc qui a raison ? La réponse n'est pas évidente, car il est dit que Jésus(as) eu son visage voilé (Marc 14,65). Et Luc nous dit que Jésus(as) a regardé Pierre lorsqu'il l'avait renié (Luc 22,61), ce qui signifie que Pierre a d'abord renié Jésus(as), puis il a reçu des coups et s'est fait voilé son visage, sinon comment aurait-il regardé Pierre? On pourrait donc penser que c'est bien Matthieu et Marc qui ont raison. Cependant, Luc indique que Jésus(as) eu son visage voilé après que Pierre l'ait renié (Luc 22,64). Nous ne savons donc pas si c'est Luc qui s'est véritablement trompé. Adam Clarke reconnaît qu'il y a une divergence quant à l'ordre des faits :

«Ceci et les versets suivant sont placés par Matthieu et Marc avant le reniement de Pierre.»

(«Adam Clarke's Commentary on the Bible», Luc 22,63.)

La Bible Annotée pense que Luc s'est trompé dans l'ordre des faits : «Selon notre évangéliste, cette horrible scène aurait précédé le jugement et la sentence de mort, ce qui n'est sûrement pas l'ordre dans lequel les faits se sont succédé. La différence vient probablement de ce que Luc omet ici une première délibération et ne rapporte que celle qui eut lieu au point du jour. {#Lu 22:66, voir la note.}.»

(Bible Annotée sur 22,65.)

Deuxièmement  

Selon Matthieu et Marc, le souverain sacrificateur «Caïphe» demanda à Jésus(as) s'il était le fils de Dieu avant que Pierre ne renie Jésus(as) pour la premièrement fois :

«Ceux qui avaient saisi Jésus l'emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s'assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n'en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent: Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi? Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort.Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé. Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui, et dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là, s'étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.» (Matthieu 26,57-75)

«Alors le souverain sacrificateur, se levant au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus, et dit: Ne réponds-tu rien? Qu'est-ce que ces gens déposent contre toi? Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le souverain sacrificateur l'interrogea de nouveau, et lui dit: Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni? Jésus répondit: Je le suis. Et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, et dit: Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble? Tous le condamnèrent comme méritant la mort. Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poing, en lui disant: Devine! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets. Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur. Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. Il le nia, disant: Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents: Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre: Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait.» (Marc 14,60-72)

Selon Jean, Pierre a déjà renié Jésus(as) pour la premièrement fois, puis le souverain sacrificateur «Anne» l'interroge, PUIS il fut envoyé au souverain sacrificateur «Caïphe» :

«Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là. Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs: Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur; mais Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre. Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n'en suis point. Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit: J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit. A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur? Jésus lui dit: Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point. Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin? Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.» (Jean 18,13-27)

Il y a ici une contradiction manifeste, puisque les faits se sont déroulés ainsi : Selon Jean, Jésus(as) est d'abord envoyé chez Anne (Jean 18,13), qui est aussi appelé souverain sacrificateur (Luc 3,2; Jean 18,19). Puis, Pierre renie une premièrement fois Jésus(as) (Jean 18,17). Ensuite, le souverain sacrificateur Anne pose des questions à Jésus(as), et décide de l'envoyer chez le souverain sacrificateur Caïphe (Jean 18,24). Et enfin, Pierre renie Jésus(as) deux autres fois (Jean 18,25-27). Or, selon Matthieu et Marc, Jésus(as) a déjà été envoyé chez le souverain sacrificateur Caïphe (Matthieu 26,57). Ensuite il l’interrogea (Matthieu 26,62-63; Marc 14.-,60-61), puis Pierre renie 3 fois Jésus(as) (Matthieu 26,69-75; Marc 14,66-72) La Bible Annotée confirme que c'est bien Caïphe qui s'adressait à Jésus(as) dans Matthieu et Marc :

«La question de Caïphe est destinée à arracher à Jésus une semblable déclaration, qui permettra de l'accuser de blasphème, {#Mt 26:65} crime que la loi de Moïse punissait de mort. La réponse de Jésus aussi n'a toute sa signification que si l'on y voit une affirmation de sa divinité.»

(Bible Annotée sur Matthieu 26,63.)

«C'est donc Anne qui interroge Jésus {#Jn 18:16, note} et, en effet, il n'y a pas le moindre rapport entre ses questions et l'interrogatoire que Caïphe fit subir au Sauveur devant le Sanhédrin. {#Mt 26:59 et suiv.; #Mr 14:55 et suiv.; comp. #Jn 18:16, notes.}.»

(Bible Annotée sur Jean 18,19.)

Pour terminer, voici des paroles de Saint Augustin qui reconnaît lui aussi qu'il y a bien des divergences sur le moment où Pierre a renié Jésus(as) :

«(S. AUG.) (De l'acc. des Evang., 3, 6.) Tous les Évangélistes ne racontent pas dans le même ordre la tentation et la chute de Pierre qui eut lieu pendant que Jésus était en butte à ces indignes outrages. Saint Luc la place en tête du récit des outrages faits au Sauveur; saint Jean commence par la chute de Pierre, entre dans le détail de quelques-uns de ces outrages, ajoute que Jésus fut ensuite envoyé au grand-prêtre Caïphe, puis il récapitule pour l'expliquer, la tentation et le renoncement de Pierre. Saint Matthieu et saint Marc racontent d'abord la scène des outrages et puis ensuite la chute de Pierre: "Pendant que Pierre était au bas, dans la cour, une des servantes du grand-prêtre,"etc. —(BÈDE.) Mais pourquoi Pierre est-il tout d'abord aperçu et découvert par une femme, alors qu'il y avait là un grand nombre d'hommes qui auraient dû bien plutôt le reconnaître? C'était pour montrer la part que prenait à la mort du Seigneur ce sexe qui devait aussi être racheté par sa passion. "Mais il le nia en disant: Je ne le connais point et je ne sais point ce que vous dites,"etc.»

(Commentaire de Thomas d'Aquin sur Marc 14,66-72.)

Ainsi, les évangélistes se sont contredits sur le moment où Pierre a renié Jésus(as) et donc n'étaient pas inspirés par le Saint-Esprit à ce moment là. Selon Matthieu et Luc, Pierre était dans la cour, et il n'est sorti qu'après son troisième reniement :

«Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s'assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n'en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent: Celui-ci a dit: Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien? Qu'est-ce que ces hommes déposent contre toi? Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit: Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit: Tu l'as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant: Il a blasphémé! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble? Ils répondirent: Il mérite la mort. Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant: Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé. Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui, et dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous, disant: Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se trouvaient là; Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec serment: Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là, s'étant approchés, dirent à Pierre: Certainement tu es aussi de ces gens-là, car ton langage te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.» (Matthieu 26,58-75)

«Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s'assirent. Pierre s'assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit: Cet homme était aussi avec lui. Mais il le nia disant: Femme, je ne le connais pas. Peu après, un autre, l'ayant vu, dit: Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit: Homme, je n'en suis pas. Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant: Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit: Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite: Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.» (Luc 22,55-62)

Selon Marc, Pierre se chauffait dans la cour, puis il est sorti pour aller dans le vestibule après son premier reniement :

«Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des servantes du souverain sacrificateur. Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit: Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. Il le nia, disant: Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents: Celui-ci est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre: Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. Aussitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite: Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et en y réfléchissant, il pleurait.» (Marc 14,66-72)

Selon Jean, Pierre n'est pas sorti après son premier reniement, et continuait de se chauffer :

«Simon Pierre, avec un autre disciple, suivait Jésus. Ce disciple était connu du souverain sacrificateur, et il entra avec Jésus dans la cour du souverain sacrificateur; mais Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre. Alors la servante, la portière, dit à Pierre: Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet homme? Il dit: Je n'en suis point. Les serviteurs et les huissiers, qui étaient là, avaient allumé un brasier, car il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit: J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi m'interroges-tu? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu; voici, ceux-là savent ce que j'ai dit. A ces mots, un des huissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant: Est-ce ainsi que tu réponds au souverain sacrificateur? Jésus lui dit: Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu? Anne l'envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit: Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit: Je n'en suis point. Un des serviteurs du souverain sacrificateur, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit: Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le jardin? Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta.» (Jean 18,15-27)

La Bible Annotée dit que Jean a placé le reniement de Pierre au bon endroit, dans l'ambition de corriger ce qu'ont dit les synoptiques :

«Pierre était dans la cour; on a supposé que Jésus subissait son jugement dans une salle élevée seulement de quelques marches, d'où l'on pouvait voir et entendre ce qui se passait dans la cour. Cependant l'expression de Marc: "Pierre était en bas dans la cour" est peu favorable à cette hypothèse. Il vaut mieux admettre que Jésus traversait à ce moment la cour, étant conduit d'Anne chez Caïphe. {#Jn 18:24}. D'après Jean, le reniement de Pierre eut lieu pendant l'interrogatoire de Jésus par Anne et non, comme le donneraient à entendre les deux premiers évangiles, pendant sa comparution devant le sanhédrin réuni chez Caïphe.»

(Bible Annotée sur Luc 22,61.)

«Jean ne raconte ni les imprécations de Pierre contre lui-même, qui donnent à sa chute tant de gravité, ni sa repentance par laquelle commença le relèvement. Il suffit à son but d'avoir remis ces trois reniements à leur vraie place par le récit de la comparution devant Anne, et surtout d'avoir montré l'accomplissement de la triste prédiction de Jésus à son disciple. {#Jn 13:38}.»

(Bible Annotée sur Jean 18,37.)

Le grand théologien et exégète Raymond E. Brown dit : «Les deux évangiles diffèrent beaucoup dans la manière dont ils combinent ces détails (plus que Matthieu et Luc ne diffèrent de Marc). Jean situe le premier reniement à l'extérieur avant que pierre n'entre dans l'aulè, le second et le troisième près du feu dans l'aulè. Marc situe le premier reniement dans l'aulè près du feu, le deuxième et le troisième hors de l'aulè et loin du feu.»

(Raymond E. Brown, "la mort du messie" éditions 2005 bayard, page 688.)

Ces dissensions des évangélistes sur l'endroit où Pierre a renié Jésus(as) prouvent qu'ils n'étaient pas inspirés par le Saint-Esprit comme les chrétiens le prétendent.

14.Que répond Jésus(as) à Pilate ?

« Tu le dis » ?

« Jésus comparut devant le gouverneur. Le gouverneur l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. » (Matthieu 27,11)

« Pilate l’interrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. » (Luc 23,3)

« Pilate l’interrogea: Es-tu le roi des Juifs? Jésus lui répondit: Tu le dis. » (Marc 15,2)

« Tu le dis, je suis roi » ?

« Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs? Jésus répondit: Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi?Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas. Pilate lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. » (Jean 18,33-37)  

Jean rapporte ici, un passage supplémentaire où le Christ ni explicitement être le roi des Juifs « Mon royaume n’est pas de ce monde », ce que les autres ne rapportent pas. De plus, dans Matthieu, Luc et Marc Jésus(as) ne semble dire que « tu le dis », en d’autres termes, c’est toi qui insinue cela et non moi, alors que dans Jean il dit « Tu le dis, je suis roi ». Après avoir nié dans le même passage qu’il possédait un royaume (sous-entendu terrestre), il confirmera le contraire au verset 37 ! Ceci n’est qu’une petite divergence textuelle mais qui change complètement le sens de la phrase !

15.Quelle question est posée par Pilate à la foule ?

« Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs » ?

« Mais, comme c’est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? » (Jean 18,39)

« Pilate leur répondit: Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? » (Marc 15,9)

OU « Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ » ?

« Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ? » (Matthieu 27,17)

Dans Marc et Jean, Pilate leur demande simplement si les Juifs veulent voir Jésus(as) en vie, alors que dans Matthieu il leur propose de faire un choix !

16.La proposition de Barabbas

« Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ? » (Matthieu 27,17)

« Mais, comme c’est parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu’un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? Alors de nouveau tous s’écrièrent: Non pas lui, mais Barabbas. Or, Barabbas était un brigand. » (Jean 18,39-40)

« Mais les chefs des sacrificateurs excitèrent la foule, afin que Pilate leur relâchât plutôt Barabbas. Pilate, reprenant la parole, leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs? Ils crièrent de nouveau: Crucifie-le! Pilate leur dit: Quel mal a-t-il fait? Et ils crièrent encore plus fort: Crucifie-le! Pilate, voulant satisfaire la foule, leur relâcha Barabbas; et, après avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié. » (Marc 15,11-15)

Notons la contradiction entre ces passages, dans Matthieu c’est Pilate qui propose soit de leur relâcher Jésus Barabbas ou soit Jésus-Christ, alors que dans Jean et Marc, c’est la foule qui demande à Pilate de leur relâcher Barrabas et de crucifier Jésus(as).

17.Luc et le cas d’Hérode

« Quand Pilate entendit parler de la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen; et, ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là. Lorsqu’Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie; car depuis longtemps, il désirait le voir, à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui, et il espérait qu’il le verrait faire quelque miracle. Il lui adressa beaucoup de questions; mais Jésus ne lui répondit rien. Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là, et l’accusaient avec violence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et, après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate. Ce jour même, Pilate et Hérode devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. » (Luc 23,6-12)

Ce passage de Luc contredit tous les autres Evangélistes, tout d’abord après avoir envoyé Jésus(as) vers Pilate, celui-ci ayant apprit qu’il était Galiléen et donc de la juridiction de Hérode, l’envoya vers ce dernier, ce que les autres ne mentionnent absolument pas. Je rapporterai ici, ce que dit le père M.-E. Boismard dans son « Synopse des quatre évangiles », éditions du CERF, p.412 :

« De son côté, le récit de Lc contient des additions et des incohérences qui permettent d’y reconnaitre deux couches rédactionnelles. On s’accorde à admettre que la comparution de Jésus devant Hérode (Lc 23 6-12), inconnue de Jn et faite de morceaux repris d’ailleurs (cf. note § 348), est un ajout à la source que suivait Lc. Mais il faut aller plus loin. Le v.5 – dont la première partie reprend l’accusation générale du v. 2a et dont la seconde partie reprend un fragment de Ac 10 37 se terminant par la mention de la Galilée – n’est qu’une cheville rédactionnelle destinée à introduire le récit de la comparution de Jésus devant Hérode (Pilate envoie Jésus vers Hérode parce qu’il vient d’apprendre qu’il est Galiléen, v.6 !). »

Il continue :

« En résumé, on peut considérer tout le bloc des vv.5-16 comme une addition à la source suivie par Lc. Par ailleurs, le début du v.20 est étrange : Lc écrit de nouveau Pilate adressa la parole à la foule, mais il ne nous donne aucun renseignement sur ces nouvelles paroles de Pilate. »

Comme nous le voyons, ce passage est un ajout ultérieur, et il semble y avoir « deux couches rédactionnelles » comme l’affirme le père M.-E. Boismard. Ce récit étrange contredit la chronologie des faits car il coupe le dialogue avec Pilate, insère l’histoire d’Hérode, et reprend subitement le dialogue entre Pilate et la foule. On voit clairement qu’il y a corruption du texte. 

 

18.L’Heure de la Crucifixion

La Troisième Heure (c’est-à-dire 9heures du matin)

« C’était la troisième heure, quand ils le crucifièrent. » (Marc 15,25)

La Sixième Heure (c’est-à-dire midi)

« C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi. » (Jean 19,14)

D’après Marc à la troisième heure Jésus(as) fut crucifié (c-à-d à 9 heures du matin) mais selon Jean à la sixième heure (c-à-d à midi) il ne l’était toujours pas et se trouvait toujours chez Pilate… Qui croire ?

19.Qui porta la Croix ?

Jésus ?

« Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. » (Jean 19,17)

Simon de Cyrène ?

« Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, pour qu'il la porte derrière Jésus. » (Luc 23,26)

« Ils forcèrent à porter la croix de Jésus un passant qui revenait des champs, Simon de Cyrène, père d’Alexandre et de Rufus » (Marc 15,21)

« Lorsqu’ils sortirent, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, appelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus. » (Matthieu 27,32)

20.Que avait-il marqué au-dessus de la tête de Jésus(as) ?

« Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » (Matthieu 27,37)

« L’inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs. » (Marc 15,26)

« Il y avait au-dessus de lui cette inscription: Celui-ci est le roi des Juifs. » (Luc 23,38)

« Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » (Jean 19,19)

Toutes les inscriptions veulent dire la même chose dans le fond, soit, mais il n’y en a pas deux identiques ! Etait-ce « celui-ci est Jésus, le roi des Juifs » ? ou bien « Le roi des Juifs » ? ou bien encore « Celui-ci est le roi des Juifs » ou même encore « Jésus de Nazareth, roi des Juifs » ?

Si on demandait à un enfant de 10 ans de lire une inscription sur une tombe, il serait la rapporter. Nous pouvons bien entendu admettre que ce sont des témoignages, nous pouvons également pardonner à l’historien des approximations de ce genre, mais peut-on pardonner à ceux qui sont sous inspiration divine, rappelons-le, d’un laxisme aussi latent que celui-ci ? Si sur une simple inscription, les témoignages ne concordent pas, quel crédit doit-on accorder au reste ?

21.Jésus(as) a-t-il gouté le vin ou non ? Etait-ce du vin mêlé de fiel ou mêlé de myrrhe ?

OUI

« ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, quand il l’eut goûté, il ne voulut pas boire. » (Matthieu 27,34)

NON 

  « Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit pas. » (Marc 15,32)

D’après Matthieu, Jésus(as) goûte le vin mêlé de fiel et le refuse ensuite tandis que selon Marc il refuse le vin mêlé de myrrhe sans y toucher. Quelle version croire ? Je rapporterai ici, l’interprétation du père M.-E. Boismard dans son « Synopse des quatre évangiles », éditions du CERF, p.424, où il dit sur ce passage :

« L’ultime rédacteur matthéen réinterprète ici le texte du Mc-intermédiaire en fonction du Ps 69 22 : « Ils me donnèrent pour boisson du fiel » (edökan eis brôma moi cholèn) ; il ajoute l’expression « à boire » qui rappelle le « pour boisson » du Psaume ; il change enfin « myrrhe » en « fiel ». »

Dans le dictionnaire de la Bible de Dom Agustin Calmet (Rev.3), nous lisons au sujet de la myrrhe :

« Quelques-uns croient que Myrrhatum vinum, de saint Marc, est le même que vinum felle mixtum, de saint Matthieu: mais d’autres les distinguent. On donna au Sauveur du vin de myrrhe, par un sentiment d’humanité, pour lut ôter le trop vif sentiment de la douleur; mais les soldats, par un effet de leur cruauté, y mêlèrent du fiel: aussi Jésus-Christ n’en voulut-il pas boire. Ou enfin saint Matthieu ayant écrit en araméen, se sera servi du mot marra, qui signifie de la myrrhe, de l’amertume ou du fiel. Le traducteur grec l’aura pris pour du fiel, et saint Marc pour de la myrrhe. »

D’après les auteurs chrétiens, il s’agirait soit d’une surinterprétation des Psaumes de la part de Matthieu pour faire coller aux Ecritures (c-à-d l’Ancien Testament) soit une erreur de compréhension dans la traduction dans le passage de l’araméen au grec de la part du pseudo-Matthieu qui a écrit l’évangile. Il n’en demeure pas moins qu’il y a une contradiction manifeste entre ces deux passages.

22.Qu’ont dit les deux larrons ?

Insultaient-ils Jésus(as) ?

« Les brigands, crucifiés avec lui, l’insultaient de la même manière. » (Matthieu 27,44)

Ou plutôt l’un l’insultait et l’autre demandait qu’il se rappelle de lui ?

« L’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant: N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi même, et sauve-nous! Mais l’autre le reprenait, et disait: Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci n’a rien fait de mal. Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. » (Luc 23,39-43)

23.Elie ! Elie !

« Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Elie viendra le descendre. » (Marc 15,36)

« Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Elie viendra le sauver. » (Matthieu 27,48-49)

Il y a une contradiction manifeste entre Marc et Matthieu. Selon Marc c’est celui qui donna du vinaigre à Jésus(as) qui aurait dit « Laissez, voyons si Elie viendra le descendre », tandis que pour Matthieu ce sont les autres qui étaient présents qui prononcèrent cette phrase. Notez la différence entre « Laisse » et « Laissez » et entre « descendre » et « sauver », étant représentatif de la même scène. Les rapports sont donc sur ce point contradictoire. Le Saint Esprit n’a pas pu inspirer aux deux évangélistes des faits aussi contradictoires. Quel est le bon témoignage? Mais il y a d’autres problèmes dans ces passages:

- Selon Matthieu et Marc, c'est un soldat qui a donné à Jésus(as) du vinaigre, alors que chez Jean, ce sont plusieurs soldats : «Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire.» (Matthieu 27,48)

+

«Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Elie viendra le descendre.» (Marc 15,36)

VS

«Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.» (Jean 19,29) 

Selon Matthieu, la personne qui a donnée le vinaigre à Jésus(as) est celle qui a demandé d'attendre la venue d'Elie(as), alors que chez Marc, ce sont plusieurs autres personnes:«Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: Il appelle Elie. Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Elie viendra le sauver.» (Matthieu 27,47-49) «Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: Voici, il appelle Elie. Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant: Laissez, voyons si Elie viendra le descendre.» (Marc 15,35-36) La Bible Annotée dit :

«D'après Marc, {#Mr 15:36} ces paroles auraient été prononcées par le même homme qui venait d'offrir à Jésus du vinaigre. Le récit de Matthieu est évidemment le plus exact. »(Bible Annotée sur Matthieu 27.49).

Johnson dit : «Laisse, voyons si Elie etc. Ceci était dit pour empêcher celui qui voulait lui faire boire ce vinaigre. Selon Marc, c'est la même personne qui fit la réplique».

(Johnson sur Matthieu 27.49).

Le hasard a voulu que la version Éthiopienne de Marc soit conforme à Matthieu. John Gill dit : «"Disant", ou "ils dirent", comme le lit la version Éthiopienne.»

(John Gill's Exposition of the Entire Bible, Marc 15.36.)

Indubitablement, le texte Biblique contient (encore) une contradiction relative au déroulement de «la Passion». Ceci constitue un argument contre la théorie de l'origine divine de la Bible et la véracité des relations évangéliques ayant trait à la "crucifixion" de Jésus(as).

24.Par où et quand se déchira le voile du temple ?

Par où ? Depuis le haut vers le bas ?

« Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent » (Matthieu 27,51) « Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. » (Marc 15,38)

Par le milieu ? 

  « Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. » (Luc 23,45)

Pour compléter ce point, j’exposerai ici la remarque très intéressante de Raymond E. Brown dans son livre « La mort du Messie, encyclopédie de la passion du Christ », éditions Bayard, p.32 :

«Combien des quatre évangélistes sont-ils jamais allés à Jérusalem ? Ceux qui y sont allés ont pu écrire en connaissance de cause ; les autres ont du faire preuve d’imagination. On peut juger de l’importance de cette question si grâce à l’exemple du voile du sanctuaire qui, dans les trois évangiles, se déchire du haut en bas après la mort de Jésus [chez Luc c’est par le milieu]. Or il y avait au temple plusieurs voiles (décris par [Flavius] Joseph), ayant des fonctions et un rôle décoratif différents : les exégètes, selon les choix qu’ils faisaient de tel ou tel voile et de sa signification, on élaboré diverses interprétations de la scène. Mais l’un des évangélistes, ou tous les quatre, savaient-ils qu’il y avait plusieurs voiles dans le sanctuaire ? L’un d’entre avait-il vu de ses yeux le bâtiment du temple ou le voile décoré ? Si l’un des écrivains l’avait vu mais pas les autres, leur conception de la déchirure du voile peut avoir été différente.» 

Quand ?

  Selon Matthieu et Marc, le voile du temple s'est déchiré après la mort de Jésus(as), alors que chez Luc, le voile s'est déchiré avant sa mort (selon la Bible) :

«Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent» (Matthieu 27,50-51)

«Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas.» (Marc 15,37-38)

«Le soleil s'obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. Jésus s'écria d'une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira.» (Luc 23,45-46)

La Bible Annotée dit :

«Luc rapporte que le voile du temple se déchira avant la mort de Jésus, et ne parle pas du tremblement de terre; selon Matthieu et Marc, ces phénomènes suivirent immédiatement la mort du Sauveur. Bible Annotée sur Luc 23.45.»

Jean Calvin dit :

«Quant à ce que saint Luc mette la fente du voile avec l'éclipse du soleil, comme si elle était advenue devant la mort de Christ, il renverse l'ordre. Car (comme il a souvent été vue) les Evangélistes n'observent pas étroitement le temps, pour toucher en particulier chaque heure. Or ce n'était pas raison que le voile se fendit avant que le sacrifice d'expiation fut accompli. Commentaires de Jean Calvin sur le Nouveau Testament, Tome premier, sur la concordance ou harmonie composée Matthieu, Luc, et Marc, pages 720.»

Cette erreur chronologique n'est pas sans importance. Le voile du temple était censé se déchirer en même temps que la mort de Jésus(as). En dépit de ceci, Luc a quand même dit qu'il s'était déchiré avant la mort du Christ (‘aleyhi salat wa Salam). Quid alors du concept "d'inspiration" des évangélistes ?

25.Où se tenaient les femmes et qui sont-elles?

AU LOIN ?

« Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin; qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. » (Matthieu 27,55-56)

« Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé » (Marc 15,40)

« Tous ceux de la connaissance de Jésus, et les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient dans l’éloignement et regardaient ce qui se passait. » (Luc 23,49)

OU PRES DE LA CROIX ?

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. » (Jean 19,25-27)

Le lecteur remarquera que dans le rapport de Jean, Jésus(as) parle directement avec les femmes, alors chez les trois autres évangélistes, les femmes se tenaient au loin et ne pouvaient donc pas lui parler. Le lecteur remarquera que dans Jean, on nous parle de la présence d’un disciple que Jésus(as) aimait. Il s’agit simplement de Jean. De plus, n’était-il pas étrange que Jean ne dise pas plutôt « et auprès d’elle moi le disciple qu’il aimait » si c’était vraiment lui l’auteur de cet évangile ? 

26.Quand Marie touche-t-elle Jésus (as) ?

Selon Jean, Jésus(as) a refusé que Marie le touche parce qu'il n'était pas encore monté au ciel :

«Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis. En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c’est toi qui l ‘as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c’est-à-dire, Maître! Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses.» (Jean 20,11-18)

Or selon Matthieu, Marie de Magdala et une autre Marie ont touchés Jésus(as) avant qu'il ne monte au ciel :

«Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s’assit dessus. Son aspect était comme l’éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais l’ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n’est point ici; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai dit. Elles s’éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit: Je vous salue. Elles s’approchèrent pour saisir ses pieds, et elles se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit: Ne craignez pas; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c’est là qu’ils me verront.» (Matthieu 28,1-10)

Il y a donc une contradiction entre ces deux faits rapportés par les évangélistes. En outre, Jean est aussi en contradiction avec lui-même et avec Luc, puisqu'il fait porter à Jésus(as) un argument non pertinent, lequel serait que Jésus(as) ne doit pas être touché avant d'être élevé au ciel. En effet, nous lisons que les disciples du Christ (‘aleyhi Salam) l'ont touché : «Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds.» (Luc 24,39-40) «Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu!» (Jean 20,27-28)

Également, l'idée que Jésus(as) ne puisse pas être touché avant d'être monté au ciel est encore plus étrange lorsqu'il est dit qu'il n'est monté au ciel que 40 jours plus tard dans le livre dans Actes des Apôtres qui contredit aussi par la même le rapport de l’évangile selon Luc lequel serait monté aux cieux le jour même de son apparition aux disciples:

«Théophile, j’ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis. Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.» (Actes 1,1-3)

Ce qui signifie qu'il avait tout le temps de laisser Marie le toucher. Ceci réfute donc les tentatives des exégètes Bibliques qui tendent à dire que Jésus(as) n'avait pas beaucoup de temps à consacrer à Marie Magdala et qu'il était pressé de monter au ciel.

27.Quelles sont les dernières paroles de Jésus(as) ?

Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

« Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Eli, Eli, lama sabachthani? c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? Quelques-uns de ceux qui étaient là, l’ayant entendu, dirent: Il appelle Elie. Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge, qu’il remplit de vinaigre, et, l’ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient: Laisse, voyons si Elie viendra le sauver. Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit. » (Matthieu 27,46-50)

« Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Eloï, Eloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. » (Marc 15,34-37)

Tout est accompli ?

« Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit. » (Jean 19,30)

Père, je remets mon esprit entre tes mains « Jésus s’écria d’une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. » (Luc 13,46)

Mais ce n'est pas tout, selon la Bible, Jésus(as) n'est pas mort crucifié mais est mort suite à un coup de lance :

« Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, –les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. » (Jean 19,31-34)

Comme le souligne les commentateurs protestants de la Bible Annotée (qui pensent qu'il s'agit là d'un miracle surnaturel), un mort ne peut pas saigner si on le perce :

Bible Annotée sur Jean 19,34 :

« -On vit alors sortir de cette plaie du sang et de l'eau. Ce fait a singulièrement occupé les interprètes. Les uns y voient un phénomène naturel et se livrent à des dissertations physiologiques pour en démontrer la possibilité; les autres, depuis les Pères jusqu'à nos jours, prétendant que le fait ne peut être ainsi expliqué, lui attribuent un caractère miraculeux et en déduisent diverses conclusions dogmatiques. D'après #1Jn 5:6, l'eau serait le symbole du Saint-Esprit et le sang le moyen de notre rédemption, ou même l'eau un symbole du baptême et le sang représenterait la sainte cène. Mais l'évangéliste n'a pas songé à ces allégories, puisqu'il se borne à attester le fait avec solennité sans ajouter aucune réflexion qui autorise l'interprétation symbolique du phénomène. D'autres pensent que l'évangéliste, en rapportant ce fait, avait pour but de fournir une preuve incontestable de la réalité de la mort de Jésus. Mais il faudrait admettre alors que cette mort fut causée par le coup de lance, car si Jésus avait été déjà mort, on n'aurait pas vu apparaître du sang et de l'eau. Un cadavre ne saigne pas lorsqu'on le perce, et l'expression employée caractériserait mal l'écoulement d'un dépôt de sang extravasé, qui aurait été atteint par la lance. L'apparition du sang et de l'eau est un phénomène extraordinaire, qui est en dehors des lois de la physiologie. L'apôtre le signale parce qu'il y voit la preuve que le corps de Celui qui n'avait pas commis de péché, échappant à la dissolution, qui commence aussitôt après la mort, était déjà entré dans la voie de la glorification. Telle est l'explication de M. Godet et de quelques autres interprètes. Si l'on estime qu'elle attribue à Jean une pensée qui ne ressort pas avec évidence des données du texte, il faut du moins retenir que l'évangéliste a l'intention de rapporter un fait surnaturel, qui est, à ses yeux, un "signe." {#Jn 19:35, note.}»

Ainsi Jésus ne serait pas mort à cause de la crucifixion, mais parce qu'on l'a percé. Cela est en contradiction avec ce qui est dit précédemment :

« Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, –car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, –les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. » (Jean 19,30-32)

Puisque Jésus(as) n'a été tué qu'après le coup de lance, comment l'évangéliste qui raconte ce phénomène, c’est-à-dire Jean, pouvait-il dire que Jésus(as) était mort avant le coup de lance ? Cela est aussi valable pour les autres évangélistes :

« Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les autres disaient : Laisse, voyons si Elie viendra le sauver. Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. » (Matthieu 27,48-50)

« Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant : Laissez, voyons si Elie viendra le descendre. Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. » (Marc 15,36-37)

« Jésus s'écria d'une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. » (Luc 23,46)

Comment est-ce que les évangélistes, censés être inspirés par le Saint-Esprit, pouvaient-ils dire que Jésus(as) était mort, avant de recevoir le coup de lance qui l'a tué ? Nous lisons aussi dans le Talmud que Jésus est mort pendu : b. Sanhédrin, 41a:

« Il a été relaté : Le jour de la préparation de la Pâque, on a pendu Jéshu ha-nazri. Un héraut le précéda pendant quarante jours (criant): Qu'on le lapide, car il a exercé la magie, il a séduit et détourné Israël. Que ceux qui connaissent une justification pour lui, viennent et déposent en sa faveur. Mais on ne trouva pas de justification, et c'est ainsi qu'il fut pendu le jour de la préparation de la Pâque. »

C'est encore un fait qui diverge avec la manière dont Jésus fut tué. Mais nous nous demandons pourquoi Jésus a été percé ? Lisons le passage en son contexte :

« Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui. S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. » (Jean 19,30-34)

Les soldats ont demandé à Pilate l'autorisation de rompre les jambes des crucifiés afin de s'assurer de leurs morts. Mais il n'a pas été donné de permission pour percer les crucifiés. Ceci n'est dit nulle part. Alors si les soldats ne pouvait agir sur les crucifiés qu'avec l'ordre de Pilate, comment un soldat a t-il pu percer Jésus(as) sans lui demander l'autorisation? Aussi, Jésus(as) était déjà mort, alors pourquoi le percer ? Cela était inutile, sauf si, évidemment, Jean voulait faire appliquer sur Jésus la parole de Zacharie 12,10.Mais une autre question doit être posée. Pourquoi Jean est le seul des 4 évangélistes à avoir relaté ce fait ? Pourquoi les autres évangélistes ne l'ont pas souligné ? Ses mains et son côté ?

« Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit: La paix soit avec vous! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. » (Jean 20,20-27)

Ses mains et ses pieds (et non pas son côté) ?

« Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. » (Luc 24,39-40) Cela constitue donc une preuve que Jésus(as) n'a été percé que chez Jean.

28.Que dit le centenier ?

Assurément, cet homme était Fils de Dieu ?

« Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » (Marc 15,39)

« Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre et ce qui venait d’arriver, furent saisis d’une grande frayeur, et dirent: Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » (Matthieu 27,54) 

 

Ou plutôt cet homme était juste ?

« Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste. » (Luc 23,47)

29.Qui s’est rendu au sépulcre ?

« Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. » (Jean 20,1)

« Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre. » (Matthieu 28,1)

« Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. » (Marc 16,1)

« Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu’elles avaient préparés […] Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. » (Luc 24 ,1 ; 10)

Comme nous le voyons tous ces récits divergent. Qui s’est rendu au sépulcre ? Marie seule (Jn 20,1) ? Marie de Magdala et l’autre Marie (Mt 28,1) ? Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé (Mc 16,1) ? Marie de Magdala, Jeanne, Marie mère de Jacques et les autres qui étaient avec elles (Lc 24,10) ? Qui croire ?

30.Qui a-t-on aperçu au sépulcre ?

« et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. » (Jean 20,12)

« Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s’assit dessus. » (Matthieu 28,2)

« Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. » (Marc 16,5)

« Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. » ( Luc 24,4)

Encore une fois tous ces avis divergent. Qui se trouvait au sépulcre ? Deux anges vêtus de blanc (Jn 20,12) ? Un ange (Mt 28,2) ? Un jeune homme (Mc 16,5) ? Deux hommes (Lc 24,4) ? On reste étonné par la divergence dans les récits. Encore une fois, qui croire ?

31.Les femmes annoncent-elles le retour du Christ aux disciples ou pas ?

NON

« Elles sortirent du sépulcre et s’enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi. » (Marc 16,8)

OUI

« Elles s’éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. » (Matthieu 28,8)

« A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. » (Luc 24,9)

« Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses. » (Jean 20,18)

Nous remarquerons de plus, que dans Jean 20 :18, il ne s’agit que de Marie seule, ce qui constitue une autre contradiction avec Matthieu et Luc. Mais comme nous l’avons tous ces rapports sont contradictoires entre eux sur chaque aspect de la crucifixion. Même les témoins ne semblent pas d’accord sur le déroulement des choses.

32.Qui dit quoi à qui ?

Deux anges vêtus de blanc qui dirent à Marie ‘Femme pourquoi pleures-tu’ ?

« Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis. » (Jean 20,11-13)

Deux hommes qui dirent à plusieurs femmes (Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles) ‘Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant’ ?

« Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée, et qu’il disait: Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus. » (Luc 24,4-8)

Un ange qui dit aux femmes (Marie de Magdala et l’autre Marie) ‘pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié’ ?

« Mais l’ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n’est point ici; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai dit. » (Matthieu 28,5-7)

Un jeune homme qui dit aux femmes (Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé) ‘Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n’est point ici’ ?

« Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n’est point ici; voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » Marc 16,5-7

Comme nous le voyons tous les rapports sont contradictoires, autant sur les personnes qui se trouvaient au sépulcre, que sur les paroles prononcées.

33.Jésus(as) se trouvait-il au sépulcre ?

NON ?

« Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée » Luc 24,5-6

« Mais l’ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n’est point ici; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché » Matthieu 28,5-6

« Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n’est point ici; voici le lieu où on l’avait mis. » Marc 16,5-6

OUI ?

« Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit: Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c’est-à-dire, Maître ! Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur, et qu’il lui avait dit ces choses. » Jean 20,15-18

Qui croire ? Jean ou Matthieu, Marc et Luc ? Nous nous intéresserons ici au moment précis de la résurrection, afin de connaitre le moment où Pierre s’est rendu au sépulcre.

Remarque : Nous supposerons qu'il n'y a pas de contradiction entre le nombre de femmes et ceux qu’elles voient dans le sépulcre (un ange selon Matthieu, un homme selon Marc, deux hommes selon Luc, et deux anges selon Jean). Selon Matthieu, l'ange apparait aux femmes, puis elles vont avertir les disciples :

« Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit. Elles s'éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit: Je vous salue. Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds, et elles se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit: Ne craignez pas; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront. » (Matthieu 28,1-10)

Selon Marc, l'ange (représenté ici par un homme) apparait aux femmes, puis leur ordonne d'aller en informer les disciples ainsi que Pierre : « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, comme le soleil venait de se lever. Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre? Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d'une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi. Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d'abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui s'affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu'il vivait, et qu'elle l'avait vu, ils ne le crurent point. » (Marc 16,1-11)

Selon Luc, d'abord les deux hommes (représentés par deux anges) apparaissent aux femmes, puis elles vont en informer les disciples, puis Pierre va au sépulcre : « Le premier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le sépulcre; et, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n'est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu'il était encore en Galilée, et qu'il disait: Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus. A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S'étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s'en alla chez lui, dans l'étonnement de ce qui était arrivé. » (Luc 24,1-12)

Cependant, selon Jean, Pierre va d'abord au sépulcre avant l'apparition des anges : « Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Ecriture, Jésus devait ressusciter des morts. Et les disciples s'en retournèrent chez eux. Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds. Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis. » (Jean 20,1-13)

Les quatre évangélistes se contredisent quant à l'apparition des anges avec la venue de Pierre. Selon Matthieu, Marc et Luc, d'abord les anges apparaissent, puis Pierre est informé et va au sépulcre. Contrairement à Jean, Pierre va en premier au sépulcre, puis les anges apparaissent à Marie. Nous sommes donc en présence d'une contradiction. Certains pourraient prétendre que les anges sont apparus deux fois à Marie, une fois avant l'arrivée de Pierre, et une fois après le départ de Pierre. Cependant, ceci ne peut être vrai. Selon Matthieu, Marc et Luc, lorsque les anges rencontrent les femmes, ils leur disent de ne pas s'inquiéter, car si Jésus n'est pas ici c'est parce qu'il est ressuscité :

« Mais l'ange prit la parole, et dit aux femmes: Pour vous, ne craignez pas; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici; il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché » (Matthieu 28,5-6)

« Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite vêtu d'une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit: Ne vous épouvantez pas; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis. » (Marc 16,5-6)

« Comme elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplendissants. Saisies de frayeur, elles baissèrent le visage contre terre; mais ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n'est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu'il était encore en Galilée, et qu'il disait: Il faut que le Fils de l'homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jésus. » (Luc 24,4-8)

Puis les anges disent aux femmes d'aller annoncer à Pierre la bonne nouvelle que Jésus est ressuscité et qu'il est en Galilée, c'est à ce moment-là que Pierre va au sépulcre :

« et allez promptement dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez. Voici, je vous l'ai dit. Elles s'éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. » (Matthieu 28,7-8)

« Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée: c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit. » (Marc 16,7)

« A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S'étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre; puis il s'en alla chez lui, dans l'étonnement de ce qui était arrivé. » (Luc 24,9-12)

Or selon Jean, Marie informe Pierre en étant angoissé, et ne sait pas ce qu'il est advenu de Jésus(as) : « Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. » (Jean 20,1-3)

Cela contredit le fait qu'auparavant les anges avaient dit aux femmes d'annoncer la bonne nouvelle à Pierre et aux autres disciples que Jésus était ressuscité. Mieux encore, Marie est angoissée et ne sait pas où Jésus(as), jusqu'au moment où elle s'adressent aux anges :

« Cependant Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds. Ils lui dirent: Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit: Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis. » (Jean 20, 11-13)

Comment se fait-il que Marie puisse encore être effrayé par la disparition de Jésus(as), alors que les anges lui avaient déjà dit qu'il était ressuscité? Cela prouve que c'est la seul fois où elle rencontra les anges. Ainsi, Matthieu, Marc et Luc contredisent Jean à propos du moment où Pierre s'est rendu au sépulcre. Ceci mène à la conclusion, une fois encore, que la Bible contient des erreurs et le récit de la Passion des discordances, ce qui entache leur crédibilité.

34.Où est-ce que Jésus(as) revoit ses disciples après sa crucifixion ?

En Galilée ?

« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. » (Matthieu 28,16)

« Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée: c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » (Marc 16,7)

A Jérusalem ?

« Se levant à l’heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient avec eux, assemblés et disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. Et ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu au moment où il rompit le pain. Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! » (Luc 24,33-36)

« Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! » (Jean 20,19)

Qui croire ? 

35.Quand le Saint-Esprit fut-il donné aux disciples ?

Le soir où il fut ressuscité ?

«Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit: La paix soit avec vous! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit.Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit: Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit: La paix soit avec vous!» (Jean 20,19-26)

40 jours plus tard ?

«Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. Il les conduisit jusque vers Béthanie, et, ayant levé les mains, il les bénit. Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel.» (Luc 24,49-51) 

Ainsi selon Jean, Jésus(as) a donné aux disciples le Saint-Esprit le soir où il fut ressuscité. Pourtant, Luc dit que même après son élévation, soit 40 jours plus tard, Jésus(as) n'a toujours pas encore donné le Saint-Esprit aux disciples.

«Théophile, j’ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis. Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu. Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il; car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Alors les apôtres réunis lui demandèrent: Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël? Il leur répondit: Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux.» (Actes 1,1-9)

Il y a une contradiction évidente entre les écrits selon Jean et Luc.

36. Petite conclusion

Ces témoignages tous aussi différents les uns que les autres, ne nous permettent aucunement de conclure quoique ce soit. Les évangélistes ne s’accordent ni sur la manière dont le Christ (‘aleyhi Salam) s’est fait arrêter, ni sur les personnes présentes au moment de la crucifixion, ni sur l’heure de la crucifixion, ni sur l’inscription sur le crucifix, ni sur la discussion avec les deux larrons, ni sur le fait que Jésus(as) ait ou non goûté au vin avant de le refuser, ni sur ses dernières paroles, ni sur les personnes qui se rendirent au sépulcre, ni sur les personnes qui s’y trouvaient, ni sur ce qui a été dit au sépulcre, ni sur le fait que les femmes annoncent ou non aux disciples le retour de Jésus(as), ni même encore sur le lieu où ce dernier revoit ses disciples après la crucifixion ? Nous avons plutôt l’impression que les chrétiens ne font que suivre des conjectures. D’ailleurs comment étaient-ils censés rapporter ces faits, si eux-mêmes n’y avaient pas du tout assisté car comme le disent les Evangiles « Tous l'abandonnèrent et prirent la fuite? » (Mc 14,50). Pour valider un événement ne vaudrait-il pas mieux qu’on trouve des récits convergents ? Comment les évangélistes ont-ils collecté ces témoignages ? Se sont-ils assurés de rapporter les informations sûres au lieu de rapporter les rumeurs qui circulaient dans les marchés ? Où sont les chaînes de transmission des rapporteurs ? Nous ne le saurons malheureusement jamais, bien que toutes ces preuves plaident en faveur de la collecte « non sérieuse » d’information. Nous ne pouvons conclure ce chapitre que par l’expression de Marc 14,59 : « Même sur ce point-là leur témoignage ne s’accordait pas. »

Auteurs : Mouminbilah + Walahi + Islampaix